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NIVEAU DE LANGUE DES APPRENANTS BENINOIS :
L’autre conséquence de l’usage du langage SMS Publié le 18 janvier 2019

Avec l’apparition de nouveaux moyens de communication ces dernières années, l’on assiste à une baisse continue du niveau de langue des élèves et étudiants sur le territoire béninois. Pour beaucoup d’acteurs du système éducatif, cet état de chose serait essentiellement dû à l’abandon de la lecture et à l’usage d’un jargon fait d’abréviations sur les réseaux sociaux : le langage SMS (Short Message Service ) ou les noms de « texto » ou de « minimessage » . C’est d’ailleurs ce que fait savoir Serge Yaka, étudiant à la Faculté des Sciences et Techniques (Fast) de l’Université d’Abomey-Calavi : « Le langage SMS amène les gens à désapprendre car au fil du temps, même quand on remet à un élève ou à un étudiant un texte à écrire, il n’arrive plus à donner l’orthographe correcte des mots. Le même problème se pose avec l’usage du clavier intelligent ». Propos confirmés par Dorice DJETON GOUDOU, ayant soutenue sa maîtrise sur Influence du téléphone portable sur les compétences linguistiques des apprenants du secondaire : cas des SMS ; Présidente de DG PARTNERS ONG, spécialisée dans l’éducation des jeunesses, le niveau des apprenants baisse, que ce soit au niveau du parler ou de l’écrit, parce qu’ils lisent peu et sont vraiment attachés au langage SMS. Cette dernière continue dans la même lancée en affirmant : « Les apprenants en faisant usage du jargon SMS finissent par le transposer dans les cahiers de cours puis sur les copies d’évaluation. Ils se donnent tellement à ce jargon qu’au final, ils ont du mal à bien écrire les mots, à bien parler le français. Parfois vous les surprenez dans leurs conversations en classe à faire sortir des mots qui sont coupés, hachés. Des mots qui ne répondent pas aux normes grammaticales, orthographiques et autres. » En effet, l’effondrement du niveau de l’orthographe et l’indigence du vocabulaire des apprenants peut être mis en rapport avec les contraintes qui accompagnent les nouvelles technologies en question. Lors des discussions par l’intermédiaire de messagerie instantanée, les utilisateurs échangent en temps réel des messages ; il ne faut pas faire attendre son interlocuteur c’est-à-dire qu’il faut communiquer le plus rapidement possible et économiser les gestes que nécessite la saisie du message. Et réduire le temps d’attente entre les divers échanges nécessite de raccourcir au maximum le message pour le taper plus rapidement sur son clavier. Contrainte à laquelle répond le nouveau code écrit qu’est le langage SMS. Ainsi, plusieurs procédés sont combinés pour raccourcir les phrases et les mots : l’abréviation ("lgtps", "tt", "pr","slt" respectivement longtemps, tout, pour, salut), la phonétique ("koi", "grav", "eske" respectivement quoi, jamais, grave, est-ce que), le rébus typographique ("2m1", "bi1", "koi 2 9", "gt", "mrc", "tfk" respectivement demain, bien, quoi de neuf, j’étais, merci, tu fais quoi ?) et l’utilisation de mots anglais plus courts (today pour aujourd’hui, now pour maintenant).

Par ailleurs Alain REY, linguiste et rédacteur en chef des publications des éditions Le Robert ne pense pas que l’usage du jargon SMS puisse avoir de conséquences fâcheuses mais bien au contraire pourrait avoir des avantages. Pour lui, la proximité de l’oral dans l’écrit que l’on retrouve dans le langage SMS valorise l’écrit chez des personnes, notamment les jeunes, qui dénigraient l’écrit : l’utilisation du langage SMS par les jeunes peut donc être un atout. En outre, des études portant sur la relation entre langage SMS et orthographe ont déjà été réalisées et confirment la position du linguiste. En 2011, PLESTER, LERKKANEN, LINJAMA, RASKU-PUTTONENT et LITTLETON ont conduit une étude auprès de 114 enfants anglophones de 9-10 ans. Les enfants du groupe expérimental ont obtenu un téléphone portable pendant 10 semaines. Les résultats sont en faveur d’une absence d’effet néfaste du langage SMS sur l’orthographe et montrent même une possible amélioration des compétences en écriture, liés à l’utilisation du SMS. Ceci conduit donc à retenir que les conséquences du langage SMS dépendent de l’utilisateur et de l’utilisation qui en est faite. Il urge alors que chaque apprenant sache en faire bon usage. Aussi, le retour de la dictée dans l’enseignement béninois saurait convaincre plus d’un à moins faire usage des abréviations et compagnies.

Anani Anthelme TOHOU


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